Moustapha est de nationalité
nigérienne. Il vit au Bénin depuis une dizaine d’années. Après quelques année d’errance,
à la quête d’une activité vitale, il a fini par organiser sa vie autour de la
vente de la viande grillée appelée « tchentchenga » en langue locale.
Aujourd’hui, Moustapha n’a rien à envier à
personne puisqu’il a réussi à se rendre stable autour de cette activité. Il a
pu se taper un bon emplacement sur l’esplanade du Stade de l’Amitié de Cotonou,
un endroit qui grouille de monde tous les soirs. Les affaires marchent bien et
pour rien au monde, il n’acceptera céder cette place. Tous les jours il doit
payer 3000 francs de frais de location des lieux, au tenancier de la buvette
dont il n’occupe qu’une petite partie de la façade.
Mariée, à une jeune fille qu’il
est allé chercher chez lui au Niger, il vit sous un toit, avec à sa charge ses
04 frères venus du entre temps du Niger le rejoindre. Il supporte le jeune
frère de sa femme. Son chiffre d’affaires va croissant. Approché, Moustapha n’a
juste eu la gentillesse que de nous donner le montant du produit de sa vente
journalière : au moins 90.000 francs. Peu à peu il réussit à construire
une sorte d’entreprise autour de lui puisque, progressivement, il crée à chacun
de ses frères un étalage tout comme le sien propre. Alors le soir on fait les
comptes ensembles pour voir les entrées.
Qui pouvait imaginer que ce jeune
homme du nom de Moustapha, la trentaine environ, pouvait en quelques années se
forger une vie aussi décente autour de lui. Chômeur qu’il était, un touche à tout
puisqu’il n’y avait pas mieux, qualification professionnelle, NEANT. Et comme
on peut le remarquer, la patience de Moustapha a bien finit par payer.


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